La Cèbe de Tarassac, un oignon doux au goût de patrimoine

Marque Valeurs Parc

Oignon doux emblématique du Haut-Languedoc, la Cèbe de Tarassac est une variété locale intimement liée à l’histoire agricole du territoire. Aujourd’hui, passionnés et producteurs se mobilisent pour préserver et faire vivre ce patrimoine.

Oignons de tarassac

Résumé

Publié le 06/10/2022

Variété locale d’oignon doux, la Cèbe de Tarassac est intimement liée à l’histoire agricole de la Haute Vallée de l’Orb et de la vallée du Jaur. Adaptée aux sols et au climat du Haut-Languedoc, elle se prête particulièrement bien à une culture en agriculture biologique.

Un oignon ancré dans l’histoire locale

Cultivée de longue date sur le territoire, la Cèbe de Tarassac raconte aussi une partie de son histoire sociale et agricole. Elle était notamment cultivée par les paysans-mineurs, pour lesquels elle constituait une culture vivrière précieuse.

Au fil du temps, sa culture s’est toutefois raréfiée, au point que cette variété locale aurait pu disparaître. Sa sauvegarde repose aujourd’hui sur des maraîchers et des jardiniers passionnés qui continuent à la cultiver, à sélectionner ses graines et à transmettre les savoir-faire qui lui sont associés.

Une semence paysanne qui se transmet

La Cèbe de Tarassac est issue de semences paysannes : des semences sélectionnées et multipliées au fil des générations par celles et ceux qui les cultivent. Cette sélection progressive permet aux plantes d'évoluer en lien étroit avec leur territoire, ses conditions climatiques, ses sols et les pratiques agricoles.

Contrairement à certaines variétés commerciales protégées, la semence de la Cèbe de Tarassac n’est pas privatisée. Elle peut être transmise, échangée, troquée ou vendue dans le respect des usages définis par celles et ceux qui la font vivre. Un fonctionnement qui contribue à préserver la diversité cultivée mais aussi l’autonomie et la résilience des fermes.

Des « passeurs » pour éviter sa disparition

Au Bousquet-d’Orb, les maraîchers Yves et Marie Giraud font partie de ces « passeurs » qui ont permis de préserver cet oignon longtemps cultivé localement avant de tomber progressivement dans l’oubli.

Avec d’autres maraîchers du versant héraultais du territoire et des jardiniers amateurs passionnés, ils se sont mobilisés pour sauvegarder et faire connaître cette variété. Une dynamique collective qui a conduit à la création, en 2025, d’une association réunissant paysans, jardiniers et consommateurs.

Nous sommes une association de paysans, de jardiniers et de consommateurs réunis autour de la sauvegarde et de la promotion de la Cèbe de Tarassac, un oignon doux qui se consomme de juillet à mars, cultivé de longue date dans la Haute Vallée de l'Orb et dans la vallée du Jaur. Nous nous retrouvons ensemble pour sélectionner cet oignon dans le cadre d'une agriculture biologique et paysanne ainsi que pour faire connaître au plus grand nombre ce légume et les savoir-faire qui lui sont associés.

Une semence paysanne qui se transmet

Préserver une variété, c’est aussi la faire connaître et donner envie de la cultiver et de la manger ! Chaque automne, l’association organise ainsi au Bousquet-d’Orb une fête consacrée à la Cèbe de Tarassac.

Marché paysan bio, stands associatifs, conférences, projections de films, concerts et balèti rythment ce rendez-vous convivial. L’édition 2026 a une nouvelle fois permis de réunir producteurs, habitants et curieux autour de ce patrimoine agricole vivant.

Le Parc aux côtés de la dynamique locale

Le Parc naturel régional du Haut-Languedoc accompagne cette démarche de sauvegarde et de valorisation de la Cèbe de Tarassac.

Cet accompagnement prend différentes formes : temps de concertation avec l’association, participation à la fête annuelle, mise en réseau des acteurs ou encore organisation de rencontres avec des maraîchers et pépiniéristes du Tarn.

À travers ce partenariat, l’objectif est de contribuer à maintenir une diversité agricole cultivée, à transmettre les savoir-faire locaux et à favoriser les échanges entre celles et ceux qui font vivre l’agriculture du Haut-Languedoc.

Crédits photos : Sedat Yagiz