Les habitats naturels

L'habitat méditerranéen

A l'extrémité Sud du Massif central se dressent les contreforts de la montagne du Haut-Languedoc. qui dominent plaines et vallons aux couleurs de méditerranée. Chaleurs, sécheresses estivales, épisodes pluvieux... sont autant d'éléments qui ont façonné un paysage méditerranéen propice à l'épanouissement d'une faune et d'une flore remarquables. La fraîcheur d'un taillis de chênes, le calme et la douceur de la garrigue et du maquis invitent à la découverte de cette nature méditerranéenne.

L'yeuseraie, forêt de chênes verts

Très répandue dans le Haut-Languedoc, cette forêt privilégie les sols appauvris, rocheux et "squelettiques". Ainsi, sommets, crêtes, promontoires, gorges et fonds de vallée sont autant de milieux favorables à son développement.

L'arbre-roi est ici le chêne vert, appelé communément yeuse ou chêne faux-houx. Arbre à feuilles persistantes jusqu'au printemps de leur 3ème année, de 5 à 20 mètres de haut, il se développe sur tous types de substrat pourvu qu'ils soient relativement secs. Sa résistance aux agressions humaines, à la sécheresse et au feu favorise son extension au détriment du chêne pubescent, confiné sur des sols profonds et bien drainés.

Avec le chêne vert, le pin d'Alep constitue la seule espèce arborescente du groupement forestier. Un bon nombre d'arbustes y sont associés. Laurier-tin, arbousier, genévrier côtoient chêne kermès, romarin, thym, lavande et autres plantes aromatiques au milles senteurs. Les chênaies abritent de nombreuses espèces d'oiseaux : buse variable, huppe fasciée, geai des chênes, fauvettes, mésanges et autres passereaux y trouvent refuge et nourriture. Il en va de même pour le sanglier, le blaireau et le renard. Bon nombre d’insectes y sont également présents comme le grand capricorne, le coléoptère pourvu de longues antennes.

Soumis à la pression humaine, au surpâturage et aux incendies, ces peuplements forestiers se sont considérablement réduits, laissant place à des formations de maquis et de garrigue.

Le maquis

Inféodé au terrain siliceux, le maquis est une formation végétale dense constituée principalement d’arbrisseaux formant des fourrés épineux et denses, véritable rempart naturel. Il a ainsi l’aspect d’un taillis, haut de 3 à 6 mètres, comportant l’yeuse comme espèce dominante.

Bruyères, lavandes, cistes, arbousiers, genêts… apportent refuge et nourriture à de nombreux oiseaux et insectes qui habitent les lieux.

La garrigue

La garrigue, créée à partir de conditions naturelles (sol calacaire, climat méditerranéen) et humaines (exploitation du bois, feu, pâturage) couvre de grandes surfaces sur terrain rocailleux et arides.

Une flore épineuse, aromatique et très variée s’y développe et présente une profusion de couleurs et de parfums : cistes aux fleurs blanches ou pourpres, alaterne, chèvrefeuille étrusque, lavande, romarin, thym, orchidées, etc.

Cette richesse floristique fait le charme et la beauté de la garrigue.

La garrigue abrite une grande diversité d’espèces animales : scorpion occitan, mante religieuse, criquet égyptien, cigales et papillons côtoient la grenouille méridionale, le seps strié et aussi la couleuvre de Montpellier. La garrigue est aussi le territoire privilégié du lézard ocellé et du lézard vert.

Parmi les oiseaux, on peut y admirer le circaète Jean-le-Blanc, la huppe fasciée, la pie grièche à tête rousse ou encore la fauvette mélanocéphale, la fauvette pitchou.

Habitat atlantique

Les versants ouest du Haut-Languedoc s’élèvent en douceur de la plaine tarnaise aux sommets des Monts de Lacaune, de l’Espinouse et de la Montagne Noire. Arrosés par les pluies régulières venues de l’Atlantique, souvent baignés dans la brume, ces reliefs offrent la fraîcheur de leurs forêts aux habitants de plaines. Taillis, hautes futaies, plantations de résineux forment un océan de verdure que viennent interrompre quelques ilots de terres agricoles, de prairies et de landes. Partez à la découverte des espaces forestiers, monde silencieux et apaisant aux lumières tamisées par les frondaisons.

Le règne de l’arbre

Dans cette partie du Haut-Languedoc, l’arbre règne en maître, tant le climat lui est favorable et le travail du forestier profitable.

Deux espèces se livrent bataille pour la grande suprématie des lieux : le hêtre, seigneur de l’ombre, des brumes, des sols frais, et le chêne ou plutôt les chênes (le chêne sessile essence de semi-ombre, le chêne pédonculé essence de pleine lumière). L’altitude met néanmoins un terme provisoire à cette rivalité Ainsi, en vallée du Thoré par exemple, où les influences océaniques sont prépondérantes, le chêne pédonculé domine. Sur les pentes, vers 600-700 mètres d’altitude, il laisse place à une bande étroite de chênes sessiles, à laquelle succède la hêtraie.

Le forestier aussi joue son rôle. Une parcelle de bois est coupée et c’est le chêne qui en profite, aux dépens de la plantule de hêtre qui dessèche au soleil. Pourtant rien n’est acquis ; quelques années plus tard, à l’ombre des jeunes chênes, le hêtre pourra se développer et à terme dominera ses bienfaiteurs. Mais cette rivalité. N’est-elle pas devenue vaine quand le sylviculteur a introduit l’Epicéa et le Douglas ? Ces deux essences, et de façon moindre d’autres résineux, ont été privilégiés depuis plus de 50 ans car présentant de nombreux avantages : bonne adaptation aux sols pauvres, cultures plus simples que celle des feuillus et nécessitant moins de travaux d’entretien dans leurs jeunes années, croissance rapide (notamment pour le Douglas), maturité précoce. Ainsi, en Haut-Languedoc, dans la partie tarnaise, 33 500 hectares ont été boisés ou reboisés en résineux, que l’on peut comparer aux 14 000 hectares de hêtraies présentes sur l’ensemble du territoire du Parc naturel régional du Haut-Languedoc.

A la cour des arbres…

La hêtraie atlantique a son cortège de plantes caractéristiques : le houx est l’arbuste incontournable de cet habitat, décorant la forêt de ses feuilles vertes, luisantes et piquantes et de ses fruits rouges. Dans les clairières s’implantent des arbres pionniers, le bouleau et le pin sylvestre, ajoutant les touches blanches ou rose saumon de leur écorce respective. Les fougères donnent une ambiance « tropicale » au sous-bois (fougère aigle, blechnum en épi, etc.). le chèvrefeuille est une liane qui enserre les troncs jusqu’à leur donner une forme de spirale sculptée ! Parmi les fleurs, on peut citer la magnifique mais toxique digitale pourpre, et la pervenche qui tapisse les sous-bois de fleurs violettes.

Les habitants de la hêtraie atlantique

Le chevreuil est l’hôte familier des bois. Irascible, il repousse ses rivaux avec force cris, sortes d’aboiements qui résonnent au loin. Le sanglier fouille les sous-bois à la recherche de faines (fruit du hêtre), de glands et de bulbes. La nourriture (graines des cônes, faines, etc.) ne manque pas pour l’écureuil mais il doit se méfier de la martre. Cette dernière, tout comme la genette, chasse également des rongeurs (mulots, campagnols) et se nourrit de passereaux qui peuvent présenter 30% de son régime alimentaire.

Le blaireau furète le sol la nuit et mange tout ce qui lui passe sous la dent.

Le cri d’alerte du geai résonne dans ces forêts, où il est pourchassé par l’autour des palombes (rapace des bois). Le pic noir, de la taille d’une corneille, trahit sa présence par un tambourinage sonore et puissant (série de coups de bec sur un tronc) qui peut s’étendre jusqu’à 2 Km, et par des tas de copeaux de bois de 10-15 cm de long au pied de vieux arbres morts.

Le vulcain, papillon d’un noir soutenu et montrant des motifs rouges et blancs, butine les fleurs des clairières et des allées forestières. Quant au bousier rencontré sur le chemin, il est en train de rouler jusqu’à son terrier une boule d’excréments, essentiellement d’herbivores, qu’il a confectionnée. Il y pondra des œufs, les larves se nourrissant des débris végétaux contenus dans la boule.

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